7 juillet 2018

Ouroboros



Je suis l’Ouroboros. Comme ce putain de serpent, je tourne en rond. Me faisant mal à force de me mordre indéfiniment la queue. Comme un vieux disque rayé qui bloque sur la même piste. Comme une boucle d'un code qui s'exécute sans fin, je commet exactement les mêmes erreurs.

La folie c'est faire exactement la même chose et espérer à chaque fois un résultat différent. Alors au bord de la psychose ou de la connerie, je reviens toujours. Toujours plus plus désabusé, toujours plus triste, toujours plus détruit.

Je recherche ma dose pour me faire planer. Mais les effets sont moins vivace avec le temps. Les poisons, qui amènent l'ivresse, ne me font plus tourner la tête. Juste des hauts de cœur.

A boire pour oublier on finit par oublier d'arrêter de boire. Le cercle vicieux. Ça tourne comme ce putain de serpent.

Je vois le mur arrivé et je me le prend à chaque fois dans la gueule. Je ne sais pas comment arrêter la machine.

Je suis parti à l'autre bout du monde mais en vain. Les vieux fantasmes resurgissent avec leurs démons. La colère et l'angoisse se mêlent de plus en plus à l'envie. J'ai l'impression que je vais vriller à la moindre secousse.

La folie c'est faire exactement la même chose et espérer à chaque fois un résultat différent. Et comme un fou je m’accroche à un pan de mon être que je souhaiterais enterrer.

Le serpent qui se mord la queue. Le paradoxe ! La connerie de mon existence. Désirer des trucs impossibles. Névrosé jusqu'à l'os je fais des choix contradictoires. Pour me faire souffrir ou pour essayer de survivre.

Face à la dureté du monde réel j'apportais ce palliatif. J'avais besoin de ce monde virtuel et fantasmagorique pour respirer. Aujourd'hui j'ai l'impression d'y étouffer. Je perd pied ici et suis en chute libre au quotidien.

Je suis l’Ouroboros. Un long reptile qui s'enroule autour de lui-même pour essayer de prendre la vie à pleine dent, mais au final ce n'est qu'au gout de sa propre chaire qu'il goute. Jusqu'à se bouffer lui-même.

3 commentaires:

  1. Difficile de réagir sur un tel texte, tant on sent que le moindre mot pourrait blesser, lacérer, déchirer... une âme blessée, à vif. Fragilité, colère, lassitude qui confine à la dépression. Triste et touchant à la fois. La vie, ses hauts dont on ne s’aperçoit même pas tant ils paraissent normaux au moment où on les vit, ses bas qui semblent décuplés et sans fin tant la peine déforme la vision et abolit le temps. Courage. Le net, n'est sans doute pas la cause, cherchez plutôt en vous-même, vous avez au fond de vous la blessure et sa guérison, le problème et sa solution.

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  2. PS : et les pauses peuvent être salutaires ;-)

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